La crise nous a fait réfléchir et nous a imposé de mettre en œuvre des outils pour aider nos chefs d’entreprise à s’adapter aux profondes mutations de la société de consommation.
En 2020, la CNEP a rapidement réagi pour faciliter la réouverture du secteur parfumerie beauté bien-être en réunissant 25 experts, infectiologues, virologues, spécialistes de la qualité de l’air et de la décontamination des surfaces, associées à nos marques partenaires, à la FEBEA et à la COSMETIC VALLEY, en mettant en place une NORME AFNOR SPEC.
Aujourd’hui ce document a évolué pour devenir un « Guide de Bonnes Pratiques » AFNOR SPEC X50-231+A1.
Il est mis gratuitement à disposition de nos chefs d’entreprise et les accompagne dans leur quotidien afin de réaliser l’’ensemble des soins de beauté et de bien-être en sécurisant leurs pratiques, en assurant la protection de leurs salariés et en répondant aux exigences du consommateur en matière d’hygiène et de sécurité.
Il nous faut également répondre au souhait de nos clientes de mieux consommer, à cette soif de connaitre la composition des produits cosmétiques.
Le besoin de transparence s’est imposé aussi dans nos pratiques professionnelles.
Pour donner les bons outils aux esthéticiennes conseillères de vente et aux professeurs des écoles, la CNEP a relayé dès 2020 l’initiative de son partenaire la FEBEA et mis à leur disposition l’application CLAIRE, la première application qui décryptait tous les ingrédients cosmétiques.
Aujourd’hui, depuis le 9 septembre 2025, la CNEP accompagne la migration de l’application mobile française CLAIRE vers l’application européenne COSMILE Europe.
COSMILE Europe est une application gratuite.
Elle communique des informations fiables sur plus de 30 000 ingrédients cosmétiques.
Elle possède une interface pensée pour accompagner les professionnels dans l’information des clients et permet notamment de mieux identifier les ingrédients pour les personnes allergiques.
Coté marques de soins et de matériel, il nous faut relever de nombreux défis : augmentation du coût de l’énergie, mutation environnementale, décarbonation de l’institut et du spa, sobriété hydrique, montée en puissance des normes et des règlementations.
Toutes nos entreprises doivent également trouver leur place dans un univers de plus en plus connecté, avec en ligne d’horizon l’IA qui inquiète et séduit à la fois.
De grands chantiers nous attendent dans un environnement économique mondial difficile et incertain.
Nous sommes rentrés dans une zone de fortes turbulences.
C’est pourtant le moment d’investir en engageant ces trois leviers :
L’innovation, la RSE et la transmission des savoirs par la formation.
La CNEP s’est construite depuis sa création dans le combat. C’est son ADN.
Des combats, nous en avons menés ensemble !
Le dernier en date s’est soldé par la promulgation du Décret 2024-470 du 24 mai 2024 relatif aux actes d’épilation à la lumière pulsée intense et au laser à visée non thérapeutique qui donne enfin l’autorisation à nos esthéticiennes de pratiquer l’épilation à la lumière pulsée et au laser, à l’aune de leurs consœurs européennes.
Le Décret a été complété par l’arrêté du 19 février relatif à la formation obligatoire des professionnels utilisant des dispositifs d’épilation à la lumière pulsée intense (IPL) et au laser.
La CNEP et ses syndicats affiliés dont l’UPB, Union de Professionnels de la Beauté et du Bien-être et l’UMM, Union des Marques du Matériel, ont travaillé avec les autorités de tutelle, DGS et DGCCRF, pour obtenir un encadrement de ces pratiques, à la fois satisfaisant pour nos chefs d’entreprise, et garantissant la sécurité des consommateurs.
Un autre défi nous attend et pas des moindre !
Obtenir l’encadrement de toutes nos pratiques pour éloigner les incertitudes qui pèsent encore sur les métiers de la beauté et du bien-être, freinent les investissements et ne nous permettent pas d’envisager un développement en phase avec les mutations scientifiques et technologiques de notre filière.
En 2026, la première étape consiste à actualiser la NORME AFNOR NF X50-831 « Soins de beauté et de bien-être : Exigences générales de qualité de service ».
Nous savons que la Norme est un formidable outil de politique publique. Le droit souple est aussi initiateur du droit dur.
Cette norme servira de base à la réécriture de la Norme Européenne CEN.
Il nous faut ensuite dialoguer avec tous les acteurs de la filière, mutualiser nos actions, avancer sur le même chemin, parler d’une même voix, pour faire valoir l’excellence de notre filière, bien décidée à se transformer en profondeur et à porter haut le savoir- faire à la française.
La CNEP est à ce titre membre du Comité de filière Cosmétique avec la FEBEA et la COSMETIC VALLEY.
Il nous faut enfin accompagner nos entreprises de la distribution et du service en leur permettant de s’adapter rapidement aux nouvelles attentes du consommateur.
L’institut et le Spa, les centres d’embellissement des ongles et du regard doivent devenir des lieux de rencontres, d’échange, d’expertise, des lieux où le consommateur pourra vivre une expérience Individuelle, impulsée par des outils technologiques, pour se voir offrir des diagnostics de peau avec IA , des expériences olfactives, des maquillages réalisés avec des miroirs connectés, des séances de méditation immersive et avoir accès à des produits sur mesure, avec des routines renseignées par le biais d’applications maîtrisées par l’esthéticienne et la conseillère de beauté.
Cette activité de soins de beauté et de bien-être qui se tenait dans de discrets « boudoirs modernes », comme d’autres compétences manuelles, était jusque- là peu valorisée.
Le confinement avait déjà mis en lumière ce lien essentiel tissé entre les esthéticiennes et ce consommateur qu’elles accompagnaient en toute discrétion.
Aujourd’hui, l’IA leur permet de dévoiler au grand jour leur savoir- faire et de leur savoir être.
L’IA est un formidable accélérateur de compétences pour nos chefs d’entreprise. Elle leur permet de gagner du temps, d’assurer un management efficace, de communiquer en temps réel en assurant la promotion de leur entreprise et en valorisant la compétence de leurs salariés.
Pour réaliser cette mutation aussi rapide que nécessaire, la CNEP et ses syndicats affiliés sont pleinement mobilisés.
Les Marques de soin, les Marques de matériel, l’institut indépendant, le Franchiseur, font partie intrinsèque de la filière cosmétique française plus que jamais leader mondial, 2ème Secteur Exportateur Français.
L’esthéticienne française a une compétence en matière de soin de beauté et de bien-être que le monde entier lui envie.
Notre filière beauté bien-être est l’ambassadrice du savoir-faire français dans le monde. Il ne faut jamais oublier de la dire !
Régine FERRERE Présidente