Le Mot de La Présidente

« Dans un contexte économique perturbé, les plus fragiles, sont évidemment les petites entreprises PME et TPE qui composent notre paysage économique.

Le commerce de proximité et l’artisanat ont eu le blues ces deux dernières années, avec une croissance atone. Les choses se stabilisent aujourd’hui, mais la fragilité du secteur est encore une réalité.
La crise économique en France et en Europe n’est pourtant pas une fatalité… si tant est que les entreprises de la filière puissent se renouveler, investir sereinement dans un cadre réglementaire bien défini.
L’étude de France Stratégie, organisme gouvernemental et de la Dares table sur « une sortie de crise progressive », avec une croissance moyenne légèrement inférieure à 1,5% par an.

Les métiers de la coiffure et de l’esthétique pourraient ainsi accueillir 47 000 emplois supplémentaires à l’horizon 2022, mais on parle d’emplois spécialisés et principalement sur des diplômes de niveau 4 et de niveau 3.

Autre chiffre qui doit nous donner de l’espoir et nous faire remarquer que l’esthéticienne fait partie intégrante de cette grande famille :

2017 marque un nouveau record pour la cosmétique française, dont les exportations passent la barre des 13 milliards d’euros (+12 % par rapport à 2016).

L’industrie cosmétique connait donc encore une forte croissance et reste un des moteurs de la France à l’exportation.

Le secteur confirme ainsi son dynamisme avec une balance commerciale positive de 10,5 milliards d’euros, qui augmente de près de 14 % et fait de notre filière le deuxième exportateur français derrière l’aéronautique, mais devant la filière agro-alimentaire !

Mais, il y a des « mais » !

Notre réglementation date de 1962. Elle s’impose aux fabricants de matériel, aux instituts et aux SPA malgré son inadaptation aux besoins du marché et aux évolutions scientifiques et technologiques.
Elle fragilise terriblement l’investissement, freine l’embauche de personnels qualifiés et sème le doute dans l’esprit de la consommatrice sur la qualité et la sécurité des actes pratiqués.
Pire, elle favorise les ventes d’appareils esthétiques dits « Home Devices » alors que ces mêmes dispositifs sont interdits d’usage pour l’esthéticienne

Depuis 2015, la CNEP et ses syndicats affiliés ont dû faire face à des problèmes d’envergure.

A travers le vote de la Loi de Modernisation du Système de Santé, les élus de la République ont bien failli décapiter la filière bronzage, et les médecins, une fois de plus ont profité de l’occasion pour tenter d’obtenir le monopole sur les soins experts.
Grace à son réseau de partenaires, patiemment tissé, la CNEP a démontré d’une part, sa puissance politique et économique, mais aussi sa volonté de dialogue constructif avec les pouvoirs publics.

La CNEP est ouverte à l’échange et au dialogue avec la DGS. Grâce aux propositions constructives élaborées par le SNPBC soutenu par la CNEP, la profession du bronzage en Cabines bénéficie depuis janvier 2016 d’un cadre d’exercice défini, même si les derniers décrets portant sur la formation posent encore de très sérieux problèmes. Je salue l’excellent travail du SNPBC qui n’a jamais baissé les bras pendant ce long et difficile combat.

Côté embellissement des ongles, après trois années de turbulences et d’affrontements stériles entre les professionnels des métiers de l’embellissement et les représentants de l’artisanat, notre Ministre de tutelle a confirmé la doctrine administrative constante depuis 2009.

Le CAP n’est donc pas obligatoire pour exercer le métier de prothésiste ongulaire.

Je salue la clairvoyance des pouvoirs publics qui ont souhaité libérer l’étreinte qui pesait sur les métiers de l’embellissement, empêchant par dogmatisme des personnes ayant des dispositions artistiques de se lancer dans l’aventure de l’entreprise, et de sortir ainsi de la spirale toxique du chômage.
Ce long combat a été mené avec persévérance et ténacité par  le collège UPCOM que je remercie particulièrement pour l’excellence du travail accompli.
S’il fallait tirer une leçon de cette longue bataille je dirais que s’ouvrir aux autres ne comporte aucun risque, si ce n’est celui de découvrir d’autres talents et d’autres compétences qui viennent compléter ceux de l’esthéticienne.

Assurer la qualité du service, la sécurité des actes pratiqués, c’est la préoccupation de la CNEP et de son collège d’experts qui travaillent à mettre en place des Normes de qualité de services avec l’AFNOR. Nous allons réactualiser en 2018 la Norme « Soins de Beauté et de Bien-être » publiée en 2014.

Dans la continuité de notre travail avec la FEBEA, nous venons de mettre en place une brochure partant sur la Prévention des risques professionnels à l’attention, des esthéticiennes et des prothésistes ongulaires pour guider les chefs d’entreprise dans leur quotidien.
Dans cette optique, la CNEP met en place avec l’UME et l’UPB, la certification pour nos instituts, nos spas, nos centres de bronzage et nos bars à ongles.

Protéger nos esthéticiennes en répondant aux attaques iniques des professions de santé, avides de gain et décidées à nous mettre sous tutelle, c’est maintenant trois années le combat sans faille de l’UPB, de l’UMM et de l’UME.

De longues procédures qui ont abouti à des résultats significatifs.

Un faisceau convergent de décisions judiciaires, le rapport de l’Anses qui préconise la mise en place d’une réglementation, tout ceci nous fait espérer la mise en place d’un cadre réglementaire d’exercice professionnel pour lequel nous œuvrons depuis toutes ces années.

Finalement, j’observe que nos prédateurs agitent tous les mêmes épouvantails pour gagner des parts de marché ou pour protéger leur pré carré, les pseudos problèmes de Santé Publique et la peur!

La CNEP est prête à relever ces défis avec deux maître mots : innover et s’adapter aux modes de consommation de nos clients.

J’ai autour de moi un bureau résolu à soutenir nos entreprises dans leur nécessaire mutation.
Notre comité d’experts est au travail pour mettre en place les dispositifs qui vont permettre à la filière de se rénover, de se dynamiser, de se professionnaliser encore et encore.

Muter devient donc une ardente obligation pour la filière: modifier les méthodes de travail, adapter les protocoles de soins aux exigences du client, mais surtout construire pour nos étudiants une pédagogie innovante leur permettant de façonner l’entreprise du futur.

Il nous faut réinventer un art de travailler ensemble afin de mutualiser, diffuser, développer et valoriser tous les savoir-faire de notre filière professionnelle : la formation, la recherche, l’innovation, la distribution.
Une filière qui se veut conquérante doit miser sur la formation des jeunes en priorité. Faisons leur confiance, ils ont tous les talents.
Dans l’entreprise, nos collaborateurs attendent de nous que nous soyons capables de les former tout au long de leur vie professionnelle, pour qu’ils puissent participer au progrès de l’entreprise, accroître leurs compétences mais aussi leurs revenus.

C’est dans cette perspective que la CNEP et ses entreprises adhérentes sont maintenant membres de la Cosmetics Valley. Nous sommes au travail pour préparer le formidable défi de la Beauté Connectée.

La France est le pays de la Cosmétique et du Parfum, mais c’est aussi l’excellence des soins de beauté et de bien-être et l’excellence en matière de formation. Nous devons être fiers de porter cette histoire.

Nous sommes admirés dans le monde pour cette force créatrice qui permet à nos fabricants de cosmétiques  d’aller conquérir les marchés, et de porter haut nos couleurs.
C’est donc ensemble que nous devons marcher, main dans la main, même si parfois nos positions sont différentes.
La branche Beauté Bien-être, plus que toute autre, devrait démonter sa capacité à se fédérer, elle dont l’essence même n’est qu’écoute et échange.
Certes, nous vivons un moment charnière crucial, mais il ne faut pas avoir peur du changement. Au contraire, c’est en suscitant l’envie et la soif d’entreprendre, en s’adaptant au plus vite à cette évolution, qu’un avenir radieux pourra d’autant mieux se profiler.

Mais le plus beau reste à venir. C’est donc avec une foi inébranlable que je serai à vos côtés pour relever ces défis »

Régine Ferrère
Présidente de la CNEP

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